Paye
Newsletter – Juin/Juillet 2025
16 Juil. 2025
Paye
16 Juil. 2025
Comme nous l’évoquions dans notre newsletter paye d’avril 2025, à compter du 1er juillet 2025, les arrêts de travail au format papier devront impérativement être établis sur les formulaires CERFA sécurisés, comportant sept points d’authentification. Tout autre format sera automatiquement rejeté par la caisse, entraînant l’absence d’indemnisation pour le salarié concerné.
Toutefois, la CPAM vient d’annoncer qu’une période de tolérance sera accordée pour les mois de juillet et août 2025, afin de laisser aux professionnels de santé le temps nécessaire pour commander et recevoir les nouveaux formulaires.
En revanche, à partir du 1er septembre 2025, tout avis d’arrêt de travail établi sur un formulaire non sécurisé sera systématiquement rejeté par la caisse.
Comme nous l’évoquions dans notre newsletter paye de mars 2025, les exonérations salariales pour les apprentis ont été revues à la baisse par la LFSS 2025. Initialement, cette modification devait s’appliquer aux contrats d’apprentissage dont le premier jour d’exécution intervenait à partir du 1er mars 2025.
Finalement, le BOSS a précisé que la date de référence à retenir est celle de la signature du contrat d’apprentissage. Ainsi, les contrats signés avant le 1er mars 2025, même si leur exécution débute après cette date, peuvent continuer à bénéficier du régime d’exonération antérieur.
Pour rappel, à compter du 1er juillet 2025, la gestion des saisies sur rémunération sera confiée aux commissaires de justice. Quelques précisions importantes viennent d’être apportées concernant la mise en œuvre pratique de cette réforme.
Les procédures de saisie en cours au 1er juillet 2025 seront suspendues : l’employeur devra cesser de verser les sommes au régisseur du greffe du tribunal judiciaire. Tout paiement effectué après cette date sera automatiquement rejeté.
Les greffes des tribunaux judiciaires transmettront ensuite les dossiers en cours aux commissaires de justice. À compter de cette transmission, le créancier disposera d’un délai de trois mois pour confirmer au commissaire de justice compétent sa volonté de poursuivre la procédure de saisie selon les nouvelles modalités. Si tel est le cas, un commissaire de justice répartiteur sera désigné.
Le commissaire de justice répartiteur informera l’employeur de la reprise de la procédure de saisie. Cette notification pourra intervenir au cours du second semestre 2025, voire en 2026.
Dans l’attente de ce courrier, l’employeur ne doit plus pratiquer de retenue sur salaire et doit verser l’intégralité de la rémunération au salarié concerné.
🔍 Point de vigilance : la saisie sur rémunération ne prend fin qu’à réception d’une mainlevée délivrée par le commissaire de justice répartiteur. L’employeur ne doit donc pas arrêter les versements de sa propre initiative, même s’il estime que la dette est soldée. En cas de trop-perçu, c’est le commissaire de justice répartiteur qui procédera, le cas échéant, au remboursement au salarié..
(Pour aller plus loin : le site de la profession des commissaires de justice)
Jusqu’à présent, une salariée engagée dans un parcours d’assistance médicale à la procréation (PMA) bénéficiait déjà de la même protection qu’une salariée enceinte en matière d’embauche, de mutation et de rupture du contrat de travail au cours de la période d’essai. Concrètement, l’employeur ne pouvait pas prendre en considération la PMA pour refuser une embauche, rompre un contrat en période d’essai ou imposer une mutation.
Depuis le 2 juillet 2025, cette protection contre les discriminations est étendue à l’ensemble des salariés engagés dans un projet parental, qu’il s’agisse d’une PMA ou d’une adoption. Sont désormais protégés :
Le périmètre de la protection s’élargit également pour couvrir toutes les dispositions visant à garantir l’égalité professionnelle : rémunération, accès à la formation, qualification, classification, promotion…
Autorisations d’absence élargies
Désormais, les autorisations d’absence jusque-là réservées aux salariées engagées dans une PMA s’appliquent également :
De plus, une autorisation d’absence spécifique est instaurée pour les salariés engagés dans une démarche d’adoption, afin de se présenter aux entretiens obligatoires pour obtenir l’agrément. Un décret à paraître fixera prochainement le nombre maximal d’absences autorisées.
Ces absences :
(Loi 2025-595 du 30 juin 2025, JO 1er juillet)
La loi de finances pour 2025 a instauré une participation financière obligatoire des employeurs pour la prise en charge des contrats d’apprentissage visant des diplômes ou titres de niveau Bac +3 et au-delà.
Les décrets d’application viennent de paraître et précisent les modalités :
Le CFA facturera directement l’employeur à l’issue de la période d’essai de 45 jours.
Formation à distance : prise en charge minorée
Un second décret prévoit que lorsque la formation théorique est réalisée à distance à hauteur de 80 % ou plus, l’OPCO appliquera une minoration de 20 % de sa prise en charge. La prise en charge par l’OPCO ne pourra toutefois pas être inférieure à un plancher de 4 000 euros.
(Décrets 2025-585 et 2025-586 du 27 juin 2025, JO du 29 juin)
À partir de 2026, la Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE) pourra être transmise directement via la DSN grâce au nouveau signalement « Déclaration Préalable à l’Embauche ».
La date exacte d’ouverture du service n’est pas encore connue, mais sa mise en place est prévue dans la norme P26V01, pour une première phase dédiée aux employeurs du régime général, avant une extension au régime agricole dans un second temps.
Comme pour la DPAE classique, le signalement devra être adressé dans les 8 jours précédant l’embauche et sera obligatoire pour chaque contrat conclu avec un futur salarié.
Points de vigilance à l’envoi du signalement DPAE via DSN :
À l’issue de l’envoi du signalement :
À noter : Les autres canaux de transmission (EDI, API, EFI) resteront disponibles.
(Pour aller plus loin : Fiche 3300 – Net-entreprises)
Pour percevoir les indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS), un salarié en arrêt de travail doit respecter plusieurs obligations :
Précision importante apportée par la jurisprudence :
Dans un arrêt du 5 juin 2025, la Cour de cassation a rappelé qu’un salarié ne peut pas compromettre cette obligation de contrôle en séjournant temporairement hors de France, sauf à organiser ce déplacement pour rester contrôlable.
En l’espèce, un salarié avait séjourné à l’étranger pendant son arrêt maladie. Le Conseil d’État a jugé qu’un déplacement entraînant un changement d’adresse temporaire doit être organisé de manière à permettre à la CPAM de réaliser les contrôles nécessaires.
En conséquence, dès lors que le séjour à l’étranger rend impossible tout contrôle médical, l’organisme de Sécurité sociale est fondé à suspendre le versement des IJSS pour toute la durée du séjour.
(Cass. civ. 5 juin 2025, n°22-22834)
L’administration vient d’actualiser le BOSS (Bulletin officiel de la Sécurité sociale), au chapitre 5 consacré au fait générateur des cotisations et contributions sociales (Rubrique « Assiette générale »).
Depuis janvier 2025, la règle générale prévoit que la législation applicable en matière d’assiette, de taux, de plafond et d’exonérations est celle en vigueur au terme de la période d’activité au titre de laquelle la rémunération est due.
Certaines dérogations existaient déjà, notamment selon que les sommes étaient versées en cours de contrat ou après la rupture du contrat.
Ce qui change :
Les nouvelles précisions apportées par le BOSS s’appliqueront à partir du 1er juillet 2025, mais feront l’objet d’une phase pilote jusqu’au 1er janvier 2027 : les employeurs peuvent donc continuer à appliquer les anciennes règles à titre transitoire.
Sommes versées en cours de contrat de travail

Sommes versées après la rupture du contrat de travail

(Pour aller plus loin : BOSS – Chapitre 5 – Fait générateur)